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Russian Orthodox Church representation to the European Institutions
Russian Orthodox Church
Representation to the European Institutions

Eglise Orthodoxe Russe
Representation pres les Institutions Europeennes
Russian Orthodox Church representation to the European Institutions
Europaica Bulletin
No 57 (February 01, 2005)

En français:
La rencontre du patriarche Alexis avec le nouveau président de l’Ukraine
La visite du patriarche de Bulgarie à Moscou
Le président de l’Estonie en visite à Moscou à l’invitation du patriarche Alexis
Evêque Hilarion de Vienne et d’Autriche: La primauté et la conciliarité dans la tradition orthodoxe

In English:
Patriarch Alexy of Moscow and all Russia: Address on the occasion of the 60-year anniversary of the liberation of Auschwitz
Patriarch Alexy of Moscow and all Russia addressed the opening of the 13th International Christmas Educational Lectures
The head of the Roman Catholic Archdiocese of Salzburg visits the Cathedral of St. Nicholas in Vienna

Auf Deutsch:
Bischof Hilarion von Wien und Österreich: Primat und Katholizität in der Orthodoxen Tradition
  
  
La rencontre du patriarche Alexis avec le nouveau président de l’Ukraine

La rencontre du patriarche Alexis avec le nouveau président de l’UkraineLe 24 janvier 2005 le patriarche Alexis a reçu dans sa résidence du monastère Danilov à Moscou M. Viktor Iouchtchenko, le nouveau président ukrainien, effectuant une visite officielle en Russie. En s’adressant à son hôte le patriarche a affirmé: «Je suis très heureux de vous saluer et de vous féliciter d’être élu au poste du président de la République ukrainienne. Nous respectons le choix du peuple ukrainien. C’est pour vous qu’ont voté également de nombreux membres de l’Église orthodoxe ukrainienne. J’espère que pendant votre présidence l’Ukraine sera un État uni et prospère. Il est très important que les liens entre les pays de tradition slave aux communes racines orthodoxes continuent à se renforcer. Nous avons beaucoup d’estime pour le rôle historique de Kiev, la Mère des villes russes. Il y a quinze ans nous avons solennellement célébré le millénaire du baptême de la Russie et avons rendu un honneur tout particulier à Kiev qui pour nous est le baptistère dont nous avons tous reçu l’Orthodoxie. Nous espérons qu’au cours de votre présidence la situation religieuse sera régularisée en Ukraine. Au début des années 90 du siècle dernier l’activité des anciennes autorités a provoqué une division dans le pays, a introduit un schisme dans l’Orthodoxie ukrainienne, ce qui a des conséquences néfastes sur la population… Une telle situation divise le peuple. Nous espérons que le peuple de l’Ukraine qui s’est trouvé divisé au cours des derniers évènements retrouvera son unité grâce à vos efforts…»

En remerciant le patriarche M. Iouchtchenko a exprimé sa satisfaction de la résolution pacifique de la crise engendrée par les élections présidentielles. Le nouveau président a assuré le patriarche qu’il comprend la situation dans laquelle se trouve l’Église orthodoxe ukrainienne. «Je suis un homme croyant, mais je n’indiquerai jamais à ceux qui me soutiennent à quelle Église ils doivent appartenir. Cela ne relève pas d’un homme politique… Mais, bien évidemment, nous espérons de tout coeur que c’est la foi orthodoxe qui va unir les Ukrainiens, ce qui permettra notre peuple d’avoir plus de confiance et d’amour». M. Iouchtchenko a souligné également que depuis 2000 il existe une tradition que le président et le premier-ministre visitent la nuit de Noël les églises des différentes confessions chrétiennes. «Ainsi nous manifestons la tolérance religieuse qui sera le fondement de ma politique», a affirmé le président ukrainien.

N. B. Aujourd’hui en Ukraine, à côté de l’Église orthodoxe ukrainienne canonique, jouissant du statut d’autonomie au sein du Patriarcat de Moscou, il existe deux Églises schismatiques: le «Patriarcat d’Ukraine» et «l’Église ukrainienne autocéphale». En Ukraine occidentale il existe également des communautés uniates gréco-catholiques.
 
 
La visite du patriarche de Bulgarie à Moscou

La visite du patriarche de Bulgarie à MoscouLe 20 janvier 2005 S. S. Maxime, le patriarche de Bulgarie et le métropolite de Sofia, est arrivé à Moscou à l’invitation de l’Église orthodoxe russe. Le patriarche Maxime a été choisi comme le lauréat pour le prix 2004 de la Fondation internationale pour la promotion de l’unité des peuples orthodoxes à cause des efforts qu’il avait déployés pour mettre fin au schisme au sein de l’Église orthodoxe de Bulgarie.

Le 21 janvier le patriarche Maxime a présidé la divine liturgie à l’église de la représentation du Patriarcat de Bulgarie auprès du patriarche de Moscou. Le même jour au monastère Danilov a eu lieu la rencontre entre la délégation de l’Église orthodoxe bulgare et celle du Patriarcat de Moscou, présidée par les deux patriarches. Une des questions abordée lors de la rencontre était l’organisation du concile panorthodoxe dont la préparation s’est quelque peu ralentie ces dernières années.

Le 22 janvier les deux patriarches ont célébré la liturgie dans la cathédrale de la Dormition du Kremlin. Ce jour-là l’Église orthodoxe russe faisait mémoire de saint Philippe, métropolite de Moscou, dont les reliques reposent dans la cathédrale de la Dormition.
  
  
Le président de l’Estonie en visite à Moscou à l’invitation du patriarche Alexis

Le président de l’Estonie, Arnold Rüütel, est arrivé le 20 janvier 2005 à Moscou à l’invitation du patriarche Alexis de Moscou et de toute la Russie.

Le 21 janvier dans la salle conciliaire de la cathédrale du Christ Sauveur le patriarche Alexis de Moscou et de toute la Russie a remis les prix 2004 de la Fondation internationale pour l’unité des peuples orthodoxes au patriarche Maxime de Bulgarie, au président de l’Estonie, M. A. Rüütel, au président de la Chambre du commerce et de l’industrie de la Russie, M. E. Primakov, et à la Société Orthodoxe de Jordanie. Le critère du choix des lauréats pour ce prix est leur contribution au renforcement des liens spirituels, culturels, économiques et politiques entre les pays de tradition orthodoxe.

Le même jour M. Rüütel et le patriarche Alexis ont eu une discussion dans le palais patriarcal du Kremlin à laquelle s’est jointe le président Poutine. Le sujet principal abordé pendant la rencontre était le statut de l’Église orthodoxe du Patriarcat de Moscou en Estonie. L’Église orthodoxe a reçu récemment le statut juridique en Estonie que le patriarche Alexis a considéré comme le premier pas dans la régularisation de la situation des Orthodoxes dans cette ex-république soviétique.
  
  
Evêque Hilarion de Vienne et d’Autriche: La primauté et la conciliarit dans la tradition orthodoxe

Discours à l'assemblée de la Commission théologique de la Conférence Épiscopale de Suisse, Bâle, le 24 janvier 2005

Dans la tradition orthodoxe la question de la primauté est intimement liée à celle de l’autorité dans l’Église et est inséparable des notions de la catholicité et de la conciliarité.

Pour différentes raisons historiques l’Église orthodoxe n’a jamais possédé de structure administrative unique. Le patriarche de Constantinople est reconnu comme primus inter pares au sein des primats des Églises orthodoxes; depuis les temps byzantins il porte le titre de patriarche oecuménique. Cependant, ni ce titre, ni la primauté d’honneur ne lui confèrent les droits juridictionnels en dehors de son patriarcat.

La primauté du patriarche de Constantinople a été acquise progressivement. Le rôle décisif dans ce processus a été joué par le concile de Chalcédoine de 451 et la division des Églises au XIe siècle. Le concile de Chalcédoine a défini dans la règle 28 que l’évêque de Constantinople doit occuper la deuxième place après celui de Rome. Voici comment cette décision a été motivée: «Les Pères, en effet, ont accordé à bon droit au siège de l’ancienne Rome des prérogatives, parce que cette ville était la ville impériale; mus par ce même motif les cent cinquante évêques très aimés de Dieu ont accordé les mêmes prérogatives au très saint siège de la nouvelle Rome, jugeant avec raison que la ville honorée de la présence de l’empereur et du sénat et jouissant des mêmes prérogatives civiles que l’ancienne ville impériale de Rome, devait être aussi grande comme celle-là dans les affaires ecclésiastiques, étant la seconde après elle» (Canon 28 du concile de Chalcédoine). Ainsi la primauté de Rome découlait pour les Pères orientaux non pas de la succession de Pierre, mais du rôle politique de la ville, capitale de l’Empire. De la même manière, les prérogatives de la chaire de Constantinople se fondaient non pas sur son ancienneté – puisque les sièges d’Alexandrie, d’Antioche et de Jérusalem étaient bien plus anciens – ni sur des raisons ecclésiologiques, mais sur l’importance politique de la nouvelle Rome, siège de l’empereur et du sénat.

Lorsqu’au XIe siècle l’unité entre les Églises occidentale et orientales a été rompue, la primauté d’honneur est automatiquement passée à l’évêque de Constantinople au sein de la chrétienté orientale. Cette primauté lui fut conservée même après que la ville avait cessé d’être la résidence de l’empereur et du sénat au XVe siècle, suite à la disparition de l’Empire byzantin. Pendant l’époque ottomane le patriarche de Constantinople possédait les privilèges de l’ethnarque grec et était de fait le chef de toute la population orthodoxe de l’Empire. Toutefois, son autorité ne s’étendait pas au-delà des frontières de l’État ottoman. Aux XIXe et XXe siècles l’émergence de nouveaux États sur l’ancien territoire ottoman a provoqué la création de nouvelles Églises autocéphales, indépendantes du patriarcat de Constantinople.

Actuellement il existe quinze Églises orthodoxes autocéphales qui sont toutes complètement autonomes dans leur administration interne et ne sont d’aucune manière soumises à l’autorité du patriarche de Constantinople. Cette organisation génère un certain nombre d’incommodités dont la plus importante est l’absence d’arbitre suprême lorsque des différends surgissent entre deux ou plusieurs Églises autocéphales. L’Orthodoxie ne possède aucun mécanisme pour la résolution des conflits de ce genre. Pour cette raison dans chaque cas concret la situation est solutionnée de différentes manières: par la convocation d’un colloque panorthodoxe, dont les décisions ne possèdent qu’un caractère consultatif et ne s’imposent aucunement aux Églises locales, ou au moyen d’un dialogue bilatéral entre les deux Églises en conflit avec ou sans médiation de la part des autres Églises soeurs.

L’autre difficulté engendrée par l’absence d’un unique système d’administration dans l’Orthodoxie est l’impossibilité de régler la question de la diaspora. Depuis les années 1920 le Patriarcat de Constantinople prétend au droit de juridiction sur les pays qui ne font pas partie du territoire canonique d’aucune autre Église orthodoxe. Ces dernières, en revanche, n’ont pas l’intention d’abandonner leurs nombreuses diasporas en Europe, en Amérique et sur les autres continents. En fin de compte, dans beaucoup de capitales européennes on trouve plusieurs évêques orthodoxes qui s’occupent chacun des ouailles de leur Église locale. Cette difficile question de la diaspora ne peut être résolue que par un concile panorthodoxe. Pendant trente ans (des années 1960 jusqu’au début des années 1990) il y eut des préparatifs intenses d’un tel concile, mais à ce jour ce travail est interrompu à cause des divergences entre les Églises au sujet du statut et de l’ordre du jour du concile.

Ainsi, sur le plan universel, l’Orthodoxie ne possède aucun mécanisme qui garantisse la conciliarité, aucune autorité extérieure – qu’elle soit celle d’une unique personne ou d’un organe collégial – qui assure l’unité de l’Église dans les questions politiques et juridictionnelles. Cela ne signifie cependant pas que la conciliarité n’existe dans l’Orthodoxie qu’en théorie et non dans la pratique. De manière pratique, la conciliarité dans l’Orthodoxie se manifeste avant tout par le fait que toutes les Églises locales conservent la communion eucharistique entre elles. D’autre part, les Églises orthodoxes aspirent à la sauvegarde de l’unité doctrinale: pour cette raison elles convoquent lorsque cela est nécessaire des conférences inter-orthodoxes. Troisièmement, les primats ou les représentants officiels des Églises se réunissent régulièrement pour délibérer des questions importantes ou s’échangent de lettres. Ainsi, sur le plan mondial, l’Église orthodoxe conserve son caractère catholique et conciliaire malgré l’absence de mécanismes bien définis.

En réalité, dans la tradition orthodoxe la notion de conciliarité est organiquement liée non pas tant à l’idée d’une Église universelle, mais à celle de l’Église locale. A l’origine l’Église du Christ était la communauté des disciples du Sauveur qui se trouvaient à Jérusalem: c’était elle l’Église une, sainte, catholique et apostolique qui possédait toute la plénitude. Dès le Ier siècle il y eut des communautés chrétiennes en dehors de Jérusalem, mais chacune de ces communautés était considérée non pas comme une partie de l’Église universelle, mais comme l’Église catholique dans toute sa plénitude. Ce qui garantissait la catholicité d’une Église locale, c’était la réunion eucharistique, présidée par l’évêque, en tant que proestôs élu du peuple de Dieu.

Une telle ecclésiologie est caractéristique des premiers pères de l’Église, tel qu’Ignace d’Antioche. Dans ses lettres Ignace souligne sans cesse le rôle prépondérant de l’évêque, en tant que président de l’assemblée eucharistique, en affirmant qu’il «faut considérer l’évêque comme le Seigneur lui-même» (Eph. 6). Dans l’Église tout doit être accompli avec l’assentiment de l’évêque: «Que sans l’évêque personne ne fasse rien de ce qui concerne l’Église. Seule l’eucharistie accomplie par l’évêque ou celui à qui il a délégué ce droit peut être considérée comme véritable… Il n’est pas permis de baptiser ou de célébrer les agapes sans l’évêque; en revanche, ce qu’il approuve, cela est agréable à Dieu» (Smyrn. 8). Et plus loin: «Celui qui honore l’évêque, honore Dieu; celui qui fait quelque chose sans l’assentiment de l’évêque, celui-là sert le diable» (Smyrn. 9). Ignace insiste beaucoup sur la nécessité de l’union entre l’évêque, les presbytres et les diacres: «L’évêque siège à la place de Dieu, les presbytres occupent la place des apôtres, tandis que les diacres accomplissent le ministère du Christ» (Magn. 6). «Les presbytres doivent être autant en accord avec l’évêque que les cordes d’une cithare» (Eph. 4). Selon Ignace d’Antioche, le peuple de Dieu doit «honorer les diacres comme le commandement de Jésus-Christ, l’évêque comme Jésus-Christ lui-même, le Fils du Dieu le Père, et les presbytres comme l’assemblée divine, le choeur des apôtres» (Tral. 3). Cette ecclésiologie amène Ignace à la conclusion bien connue: «Là où est l’évêque, là doit être le peuple de Dieu, de même que là où est le Christ, là est l’Église catholique» (Smyrn. 8).

La primauté de l’évêque est justifiée, selon les antiques pères de l’Église, par le fait qu’il occupe à l’assemblée eucharistique la place du Christ. C’est cette idée qui explique le fait que l’épiscopat monarchique a finalement été adopté dans toute l’Église ancienne. Occupant seul ce siège, l’évêque gouverne cependant l’Église avec le concours des presbytres et des diacres. L’évêque ne possède pas l’autorité ecclésiale en lui-même, en vertu de son ordination épiscopale, mais en tant que ministre d’une communauté ecclésiale qui lui a confié cette tâche. Le ministère de l’évêque perd tout sens et toute validité en dehors de la communauté ecclésiale.

Dans le cadre d’une Église locale la primauté de l’évêque est inconditionnelle et absolue. Pour la tradition orientale, fondée sur l’héritage patristique des pères de l’Église des premiers siècles, comme, par exemple, Cyprien de Carthage, ou sur celui des théologiens byzantins, quelquefois polémistes, tout évêque, et non seulement celui de Rome, est le successeur de l’apôtre Pierre. Barlaam de Calabre, un grand théologien du XIVe siècle (qui a d’ailleurs fini catholique), écrit ceci: «Chaque évêque orthodoxe est le vicaire du Christ et le successeur des apôtres; ainsi, même si tous les évêques de l’univers s’éloignaient de la foi droite et si un seul seulement restait fidèle aux doctrines divines… c’est en lui que serait sauvegardée la foi de Pierre». Et plus loin: «Les évêques, institués par Pierre, sont successeurs non seulement de Pierre, mais également de tous les autres apôtres; de la même manière, les évêques, ordonnés par les apôtres, sont dans la même mesure successeurs de Pierre».

Selon ce point de vue, la promesse faite par le Christ à Pierre s’étend non seulement à l’évêque de Rome, mais à toute Église locale, présidée par un évêque: «Vous cherchez à faire de Pierre le docteur de la Rome seule, écrit un auteur byzantin anonyme d’un traité anti-latin, alors que les Pères divins interprètent la promesse, faite par le Sauveur, comme ayant un sens catholique et se rapportant à tous ceux qui croient et qui ont cru. Vous tâchez de lui donner une interprétation fausse et étroite en la rapportant à la seule Rome. Dans ce dernier cas on ne comprend plus pourquoi ce n’est pas seulement l’Église de Rome, mais toute Église possède le Sauveur comme fondement et repose sur le roc, c’est-à-dire sur la confession de Pierre, selon la promesse?»

Comment la catholicité de l’Église locale s’articule avec celle de l’Église universellement conçue? Le père Jean Meyendorff définit ce rapport de la manière suivante: «L’idée d’une Église locale, présidée par un évêque élu généralement par toute l’Église, mais revêtu des fonctions charismatiques et apostoliques du successeur de Pierre, est le fondement doctrinal de la conciliarité depuis l’établissement de la pratique ecclésiale du IIIe siècle. En effet, l’ecclésiologie eucharistique suppose que chaque Église locale, tout en étant revêtu de la plénitude de la catholicité, demeure toujours en union et communion avec les autres Églises qui possèdent la même catholicité. Les évêques ne sont pas seulement moralement responsables pour cette communion: ils concélèbrent dans une seule célébration épiscopale… Chaque évêque exerce son ministère ensemble avec les autres évêques, parce que leur ministère est identique et parce que l’Église est une». Comme l’affirme saint Cyprien de Carthage, «l’épiscopat est unique et chaque évêque y participe pleinement».

Tout ce qui vient d’être dit au sujet de l’Église locale se rapporte à l’unité ecclésiale que dans la langue d’aujourd’hui on appelle couramment «diocèse». Dans la terminologie actuelle l’expression «Église locale» s’emploie plutôt pour les formations ecclésiastiques plus vastes, c’est-à-dire les groupes des diocèses réunis en patriarcats, archevêchés ou métropoles. A ce niveau les formes collégiales du gouvernement de l’Église cèdent au principe de la primauté. En pratique cela signifie que le primat d’une Église locale est primus inter pares au sein de l’épiscopat de son Église: il n’intervient pas dans les affaires internes d’un diocèse et ne possède pas de juridiction immédiate sur eux, mais un rôle de coordination lui est attribué dans les domaines qui dépassent la compétence d’un évêque particulier.

Les droits et les obligations du primat sont définis différemment dans chacune des Églises; cependant, nulle part il ne possède l’autorité suprême qui n’appartient qu’aux conciles. Par exemple, dans l’Église orthodoxe russe l’autorité dogmatique appartient au concile local qui réunit en plus des évêques, les clercs, les moines et les laïcs; tandis que le concile épiscopal est l’organe suprême d’administration hiérarchique. Quant au patriarche de Moscou et de toute la Russie, il gouverne l’Église ensemble avec le Saint-Synode dans la période interconciliaire; son nom est mentionné aux liturgies avant celui de l’évêque diocésain. En revanche, dans l’Église de Grèce, il n’existe pas de concile où les laïcs prennent part; le pouvoir suprême y appartient au synode des évêques dont l’archevêque d’Athènes et de toute la Grèce est président. Cependant, dans les églises on ne mentionne pas le nom de l’archevêque, mais on prie pour le synode tout entier.

Le regroupement des Églises en des plus grandes entités remonte aux IIIe-IVe siècles et est fixé dans le droit canonique orthodoxe. La règle apostolique 34 affirme: «Les évêques de tous les peuples doivent connaître le premier parmi eux et le reconnaître comme leur chef, ne rien faire de ce qui dépasse leur autorité sans son consentement, en revanche, régler eux-mêmes toutes les affaires concernant leur diocèse et ce qui en relève. De même le premier ne doit rien faire sans l’accord de tous». Le canon 4 du premier concile oecuménique (325) prescrit d’effectuer les ordinations épiscopales par tous ou au moins quelques-uns des évêques de la région; la confirmation des élections épiscopales revient au métropolite.

Ainsi, dès le IVe siècle on voit se former le système dans lequel chaque évêque possède la plénitude de l’autorité hiérarchique dans les limites de sa région ecclésiale (diocèse), mais en tout ce qui dépasse ses compétences il doit se référer aux autres évêques par l’intermédiaire du premier d’entre eux (le métropolite). Il reçoit son ordination du collège épiscopal. Le métropolite, à l’instar des autres évêques, dirige son diocèse dans lequel (et seulement là!) il exerce la plénitude de l’autorité épiscopale. En même temps il coordonne l’activité des autres évêques de sa région dans tous les domaines qui dépassent les limites de leur juridiction propre. Le métropolite ne peut s’immiscer dans les affaires d’un diocèse, mais il a l’obligation d’assurer l’unité entre eux et de régler les différends, ce qu’il accomplit non pas seul, mais avec le concours de tous les autres évêques. C’est ainsi que se réalise le principe de la conciliarité dans le cadre d’une métropole.

A l’époque du premier concile oecuménique il existait plusieurs régions ecclésiastiques possédant les droits de métropole. Notamment le canon 6 de ce concile mentionne les évêques d’Alexandrie et d’Antioche comme ayant une autorité sur les évêques de leur région, à la manière de l’évêque de Rome. Le canon 7 accorde le même droit à l’évêque de Constantinople. A la même époque il existait d’autres métropoles, telles que Éphèse, Césarée en Cappadoce, Héraclée, Milan, Carthage, mais progressivement leur influence a diminué. Après la proclamation de Constantinople comme capitale de l’Empire son évêque a reçu la dignité métropolitaine et, comme nous l’avons déjà dit, le concile de Chalcédoine lui a accordé la deuxième place après l’évêque de Rome. A la fin du premier millénaire l’ecclésiologie byzantine a élaboré l’idée de la pentarchie, selon laquelle l’Église universelle est dirigée par cinq patriarches: ceux de Rome, de Constantinople, d’Alexandrie, d’Antioche et de Jérusalem. Ce sont ces Églises, ainsi que celle qui ont apparu plus tard, qui sont couramment appelées locales ou autocéphales.

Il est connu que dès l’époque des conciles oecuméniques il y eut des divergences entre l’Orient et l’Occident au sujet de la primauté de l’évêque de Rome. La tendance s’est développée en Occident de considérer l’évêque de Rome comme le suprême pontife de l’Église universelle qui dispose du droit de ratifier les décisions de ses conciles. L’Orient a toujours considéré le pape comme le primat de l’Église locale d’Occident et le primus inter pares, dont la ratification n’est pas nécessaire pour les conciles oecuméniques. Ce sujet a fait couler beaucoup d’encres: il n’est donc pas nécessaire que nous nous y arrêtions. Néanmoins, je voudrais tracer les limites dans lesquelles les Églises orthodoxes pourraient accepter la primauté romaine le cas où les chrétiens d’Orient et d’Occident retrouvaient leur unité.

Avant tout, la reconnaissance de la primauté de l’évêque de Rome doit avoir pour condition le rétablissement de l’unité de foi, l’unité de la tradition de l’Église indivise. «Il ne faut pas contrarier les latins, écrivait au XVe siècle saint Syméon de Thessalonique, lorsqu’il disent que l’évêque de Rome est le premier: cette primauté n’est pas nuisible à l’Église. Mais qu’ils démontrent seulement qu’il est fidèle à la foi de Pierre et des successeurs de Pierre; dans ce cas-là qu’il ait toutes les prérogatives de Pierre, qu’il soit le premier, le chef et le pontife de tous… Qu’il s’en tienne seulement à l’orthodoxie de Sylvestre et d’Agathon, de Léon, de Libérius, de Martin et de Grégoire, alors nous l’appellerons homme apostolique et premier des hiérarques; alors nous nous soumettrons à lui non seulement comme à Pierre, mais comme au Sauveur lui-même» (PG 145, 120 AC). Ainsi, le chemin vers le rétablissement de l’unité de la foi passe par le dialogue bilatéral entre les théologiens des Églises catholique et orthodoxe: dans ce dialogue les Catholiques doivent prouver aux Orthodoxes que leur foi est identique à celle de l’Église indivise.

La question de la juridiction de l’évêque de Rome sur les évêques des Églises orthodoxes dans le cas du rétablissement de l’unité doit également être résolue dans un dialogue catholique-orthodoxe. Il serait irréfléchi de vouloir maintenant deviner les suites de ce dialogue. Cependant, bien que les paroles de saint Syméon de Thessalonique supposent qu’en cas de rétablissement de l’unité les Orthodoxes seraient prêts à «se soumettre» à l’autorité de l’évêque de Rome, il est plus probable que les patriarches orthodoxes acceptent la primauté d’honneur et non celle de juridiction de l’évêque de Rome. Selon toute vraisemblance, les Orthodoxes ne seraient pas opposés à ce que l’évêque de Rome ait, comme au premier millénaire, les privilèges du primus inter pares, voire le rôle de coordinateur dans le contexte de l’Église universelle. Toutefois, il est peu plausible qu’ils acceptent de reconnaître le pape comme l’unique chef de la chrétienté, car cela serait contraire à la tradition de l’Église orientale.

Le dogme de l’infaillibilité ex cathedra de l’évêque de Rome dans les questions doctrinales est absolument inacceptable pour les Orthodoxes. Aux yeux des Orientaux, ce dogme du premier concile du Vatican place le pape au-dessus de l’Église, car il définit que les actes pontificaux ne sont pas soumis à la modification «à cause de leur autorité propre et indépendamment de l’approbation ecclésiale». Dans l’Église orthodoxe aucun évêque, pas même les primats, ne possède l’infaillibilité indépendamment de l’approbation ecclésiale: c’est la réception de l’Église qui est précisément la garantie de la vérité et le principal instrument de la conciliarité.

Enfin, il faudrait souligner que la question de la primauté dans le cadre de l’Église universelle n’est pas résolue même au sein de l’Orthodoxie mondiale, ce qui va sensiblement compliquer les discussions sur ce sujet entre les Orthodoxes et les Catholiques. Tous les Orthodoxes sont d’accord sur le fait que l’Église orthodoxe ne possède pas de primat universel et ne connaît pas de pontife suprême. Cependant, les Orthodoxes sont divisés dans la compréhension de la primauté et du rôle de l’évêque de Constantinople. Vraisemblablement, une délibération sérieuse et responsable de la question de la primauté doit précéder le dialogue sur le même sujet entre les Catholiques et les Orthodoxes. Autrement, les Orthodoxes seront incapables d’exprimer une position commune, ce qui conduira inévitablement le dialogue dans une impasse.

En résumant ce qui vient d’être dit au sujet du rapport entre les principes de conciliarité et de primauté dans l’Église orthodoxe, on pourrait affirmer que le principe de la primauté dans la tradition orthodoxe est exprimé le plus pleinement au niveau d’un diocèse particulier, où l’autorité suprême appartient à l’évêque qui dirige lÉglise avec le concours du clergé et du peuple. En revanche, le principe de conciliarité se réalise pleinement sur le plan d’une Église locale autocéphale, dirigée par le concile des évêques ayant en tête un primat élu de manière conciliaire. Au niveau panorthodoxe le principe de la primauté n’est pas du tout défini, tandis que la conciliarité existe en absence de tout mécanisme stable de sa réalisation. Voyant une pareille structure d’administration d’aucuns parmi les Catholiques pourraient considérer comme miracle que l’Orthodoxie conserve encore «l’unité d’esprit dans l’union de la paix» (Eph. 4, 3) et ne s’est pas désagrégée en une multitude de communautés indépendantes qui ne partagent même pas la communion entre elles.

En revanche dans l’Église catholique, d’après ce qu’on peut voir, le principe de primauté trouve sa pleine expression dans le ministère de l’évêque de Rome dont la juridiction s’étend sans exception à toutes les entités ecclésiales: l’autorité canonique des autres évêques découle de celle du pontife romain, successeur de Pierre. Tandis que dans la tradition orthodoxe l’organe suprême d’administration est le concile, auquel tous les évêques sont soumis, et que l’infaillibilité est attribuée à tout le Corps ecclésial, dans la tradition catholique le pape est placé au-dessus des conciles et c’est lui qui possède l’infaillibilité doctrinale, d’une certaine manière indépendamment des conciles et de l’Église même. Beaucoup d’Orthodoxes trouvent paradoxal et inexplicable le fait que malgré une telle centralisation de l’autorité dans l’Église romaine et sa concentration dans les mains d’une seule personne, on continue à y convoquer des conciles d’évêques.

Ce n’est qu’un dialogue véritable entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe sur la question de la primauté qui peut démontrer s’il existe une compatibilité entre ces deux modes de penser l’autorité dans l’Église. Cependant, un tel dialogue exige une préparation minutieuse qui suppose de sérieux efforts théologiques aussi bien de la part des Catholiques que du côté des Orthodoxes. Nous devrions espérer que de tels efforts seront entrepris et que le dialogue si attendu aura enfin lieu.
  
  
Patriarch Alexy of Moscow and all Russia: Address on the occasion of the 60-year anniversary of the liberation of Auschwitz

On 27 January 1945 Soviet forces liberated the remaining living prisoners of Auschwitz. Through God’s mercy the horrible juggernaut of death was stopped, which had claimed untold numbers of innocent victims: Jews, Poles, Russians, Ukrainians, Gypsies and those of many other nationalities.

We are now approaching a great day – the 60-year anniversary of the end of World War II. 27 million sons and daughters of the various peoples of historical Russia sacrificed their lives during this war not only for their own freedom, but also to save the captives of Auschwitz and other Nazi concentration camps, for the liberation of the people of Europe from fascism. In the CIS countries there is hardly a single family that does not remember its loved ones who gave up their lives at the front and in concentration camps, or who perished under the hardships and privations experienced during the war.

Today we also remember the Jewish people, whom the Nazis tried to wipe out from the face of the earth. We thank God that He stopped the hands of the executioners, who thought up and carried out the most atrocious genocide in history.

Commemorating those who died during the difficult wartime years, we pray that the tragedy of world war may never be repeated. In order that this might be achieved the lessons of the past must be thoroughly assimilated.

We must remember that «God is not the author of confusion, but of peace» (1 Cor. 14:33). Over the course of 60 years humankind has been able to avoid global conflict. The victors over fascism, who were brothers-in-arms during World War II, were able to construct a system of international dialogue that for many years enabled nations to solve their problems through dialogue. The principles on which this system – tested over the decades – was built, should not be forgotten today.

I am convinced that the only possible guarantee of not repeating this tragedy is a model of international relations that places its priorities in international law, which allows for the lawful, justified interests of all countries to be taken into account. This model acknowledges the inadmissibility of double standards in its realization and above all underscores respect for the historical and spiritual traditions of nations, for their right to freely define their fate. May God grant that these principles become the firm foundation of modern international relations.
  
  
Patriarch Alexy of Moscow and all Russia addressed the opening of the 13th International Christmas Educational Lectures

On 23 January 2005 His Holiness Alexy II, Patriarch of Moscow and All Russia, addressed the opening session of the 13th International Christmas Educational Lectures. In his address His Holiness stressed the need for a return to true spiritual values as the only way to bring about a re-birth of Russia, plagued at first by the atheist, and now by the consumer ideology.

His Holiness then commented on the institution of the family as having suffered especially from this process of commercialization, being deprived of a higher, religious ideal. The crisis of the family has reached such a level that Russia and other Slavic CIS countries are now faced with a demographic crisis of such proportions that threaten their very existence. In order to overcome this, not only government measures, but also “reliance on the moral potential of the Church”, are necessary.

This catastrophic decline in the population cannot be explained simply by economic factors, important as they are. One must also take into account spiritual factors, conditioned to a great extent by the mass media. The Patriarch noted that if one examines history one can find periods of even greater economic difficulties, but never before has there been such a decline in population in peaceful times. The mass media could have set for itself the goal of helping to create strong and successful families instead of spreading the seeds of egoism and debauchery. “As a result”, His Holiness noted “the number of married couples which reject the blessed gift of childbirth for the sake of temporary comfort is on the rise”.

The Patriarch also touched upon the problem of inculturation of non-Orthodox immigrants in Russia. He expressed the hope that “state authorities will pay attention to the question of inculturation of their potential citizens. An important role in this process can be fulfilled by the instruction of the Foundations of Orthodox Culture”.

His Holiness also spoke with pain about the impoverished conditions in which Russian orphans are forced to live: “These young people, deprived of the love of their parents, are forced to eke out a miserable, half-naked existence. They are quickly drawn into the criminal world, which permanently distorts their souls. Our duty is to give the joy of the family home to these children. Those who make the noble decision to adopt a child should receive the firm support of both the state and society”.

It is the duty not only of parents, but also of the school, to teach children to strive toward the good, faithfulness, self-sacrifice, mercy and sympathy. Speaking in favour of introducing the Foundations of Orthodox Culture into the school program, His Holiness stressed that they are “not a religious, but a cultural studies discipline. The Church reminds us of the vital necessity of not only imparting knowledge to children, but also of instilling in them the moral foundations of Russian and European civilization”.

Responding to calls to introduce the history of world religions into the school system as an alternative, the Patriarch noted that this subject is basically an accumulation of informational knowledge, which “cannot sow the seeds of good in children’s souls or bring them into contact with the moral experience of former generations. I am convinced that such a collection of information will not solve the main problem: the acute need of moral motivation for one’s actions. In order to be ready to help one’s neighbor selflessly, reject criminal and dishonorable means of enrichment and give one’s life for one’s country, it is not enough to know dry historical facts. It is necessary to have solid ideas of good and evil, sin and virtue. One must remember one’s responsibility before God and people”.

In connection with the 60-year anniversary of the end of World War II, His Holiness noted the importance of instilling patriotism into the youth. He mentioned that “there cannot be love for one’s homeland without reviving the memory of one’s ancestors…We must not forget the heroic deeds of those whose self-sacrifice has made our lives possible and whose example of serving the homeland cannot but find response in the hearts of the young”.

The fate of Russia is therefore in the hands of pastors, pedagogues, journalists, and people of creative professions who, in spite of the commercialization of life and economic hardships, give their time and energy to the next generation. “The Church is obligated to extend a helping hand to them – stressed the Patriarch – for it is they who, in spite of all, remain the keepers of our cultural riches and our moral values”.

In closing, the primate of the Russian Church underscored the duty of diocesan bishops not only to represent the interests of the local intelligentsia before regional authorities, but also to “foster the holding of scholarly conferences, art exhibits, concerts and literary gatherings, thereby participating in the formation of Russian cultural policy”.


The head of the Roman Catholic Archdiocese of Salzburg visits the Cathedral of St. Nicholas in Vienna

On 7 January 2005, the Feast of the Nativity of Christ, the Archbishop of Salzburg Alois Kothgasser visited the St. Nicholas Cathedral in Vienna. He was greeted at the cathedral’s entrance by Bishop Hilarion of Vienna and Austria. Before the beginning of the service Archbishop Kothgasser, accompanied by Bishop Hilarion, examined the cathedral from outside and became acquainted with the church’s restoration.

The archbishop then entered the cathedral, where he was present at the Divine Liturgy served by Bishop Hilarion. Concelebrating were: Archpriest Chrysostom Pijnenburg, Priest Radoslav Ristic and Archdeacon Viktor Schilowsky, all clergy of the cathedral, as well as Hierodeacons German (Evseev) and Nikolai (Pokhilko). Also present at the service were Abbot Gregor Henckel-Donnersmarck, dean of the Monastery of the Holy Cross (Heiligenkreuz), as well as P. Hofrichter, professor of the University of Salzburg.

After the Divine Liturgy Bishop Hilarion addressed the important guests, thanking them for supporting the Orthodox Church in Austria. He stressed that cooperation between the Catholic and Orthodox Churches in Europe is necessary for the strengthening of Christian values in the midst of secularism and atheism: “We live at a time when our common witness to Christ is especially necessary. It is precisely now that we must defend Christianity, which is being attacked from all sides by the secular world. In 20, 30 or 40 years it may be too late”.

In his reply Archbishop Kothgasser thanked Bishop Hilarion for the opportunity to take part in the celebration of the Nativity of Christ at the St. Nicholas Cathedral in Vienna. He noted that “the Orthodox Church possesses an astonishingly deep theology, divine services and spirituality. We in Austria and throughout all of Europe need the Orthodox testimony of God, the Mother of God, and salvation. We must find ways of cooperation and common service to God’s people. Every day I pray for the unity of Christians and sincerely hope that our Churches will become ever closer to each other. And I agree with the idea that we must strive toward rapprochement right now, while it is still not too late”.

In commemoration of this visit, Bishop Hilarion presented Archbishop Alois Kothgasser and Abbot Gregor Henckel-Donnersmarck with icons of Christ and the Mother of God.

After the service a lunch was held in the cathedral’s refectory, during which the head of the Salzburg archdiocese and the abbot of Heiligenkreuz Monastery had the opportunity to speak with the clergy and parishioners of the Moscow Patriarchate’s diocese of Vienna and Austria.

The archdiocese of Salzburg is one of the oldest ecclesiastical provinces in Austria. At present it comprises 208 parishes, served by 370 priests and 32 deacons.
  
  
Bischof Hilarion von Wien und Österreich: Primat und Katholizität in der Orthodoxen Tradition

Vortrag auf der Tagung der Theologischen Kommission der Schweizer Bischofskonferenz, Basel, 24. Januar 2005

In der orthodoxen Tradition ist das Thema des Primats eng mit dem Thema der kirchlichen Autorität verbunden, das seinerseits für den orthodoxen Theologen nicht vom Begriff der Katholizität (russisch kafoličnost’ oder sobornost’) getrennt werden kann.

Wie bekannt, hatte kraft verschiedener historischer Umstände die Orthodoxe Kirche niemals eine einzige Verwaltungs- und Leitungsstruktur und hat sie bis heute nicht. Als „primus inter pares“ wird in der Reihe der Vorsteher der Orthodoxen Landeskirchen der Patriarch von Konstantinopel anerkannt, der seit byzantinischer Zeit den Titel „Ökumenischer Patriarch“ trägt; jedoch verleihen weder dieser Titel noch der Ehrenvorrang dem Patriarchen von Konstantinopel irgendwelche jurisdiktionellen Rechte außerhalb seines eigenen Patriarchats.

Der Primat des Patriarchen von Konstantinopel hat sich allmählich herausgebildet; die entscheidenden Ereignisse seiner Ausformung waren die Erhebung Konstantinopels zur Hauptstadt des Römischen Reiches im 4. Jahrhundert, als Konstantinopel der Status des Neuen Rom verliehen wurde, und die Kirchenspaltung im 11. Jahrhundert. Das 2. Ökumenische Konzil (381) bestimmt in seinem Kanon 3: „Der Bischof von Konstantinopel soll einen Ehrenvorrang nach dem Bischof von Rom haben, weil diese Stadt das Neue Rom ist.“ Das 4. Ökumenische Konzil (451) gab folgende Motivation für diesen Beschluss: „Dem Sitz des Alten Rom gaben die Väter gebührenderweise den Vorrang, da es die Kaiserstadt war. Diesem Impuls folgend, verliehen die 150 gottgefälligen Bischöfe auch dem hochheiligen Sitz von Neu-Rom den gleichen Vorrang, da sie in rechter Weise folgerten, dass die Stadt, welche die Ehre erhielt, Stadt des Kaisers und der Regierung (synkletos) zu sein, und die gleichen Vorzüge besitzt wie das Alte Rom, auch in kirchlichen Angelegenheiten gleich jenem erhöht worden sei und nach ihm der zweite (Sitz) sei.“ Der Primat des Römischen Bischofs wurde von den östlichen Vätern also nicht von der Sukzession dieses Bischofs vom Apostel Petrus her verstanden, sondern auf Grund der politischen Bedeutung Roms als Hauptstadt des Reiches. Ebenso ergab sich die Vorrangstellung des Sitzes von Konstantinopel nicht aus seinem Alter (die Sitze von Jerusalem, Alexandrien und Antiochien waren älter) und nicht aus irgendwelchen anderen kirchlichen Begründungen, sondern einzig aus der politischen Bedeutung Konstantinopels als „Stadt des Kaisers und der Regierung“.

Nachdem die Einheit zwischen den Kirchen des Westens und Ostens im 11. Jahrhundert zerstört worden war, ging der Ehrenvorrang unter den Orthodoxen Kirchen gleichsam automatisch auf den Patriarchen von Konstantinopel über. Dieser Vorrang bleib auch dann erhalten, als Konstantinopel in der Mitte des 15. Jahrhunderts aufhörte, „Stadt des Kaisers und der Regierung“ zu sein, und das Byzantinische Reich unterging. Zur Zeit des Ottomanischen Reiches besaß der Patriarch von Konstantinopel die Privilegien eines Ethnarchen der griechischen Nation und stand faktisch an der Spitze der gesamten orthodoxen Bevölkerung dieses Reiches. Seine Gewalt reichte jedoch nicht über die Grenzen des Ottomanischen Reiches hinaus. Im 19. und 20. Jahrhundert führte die Bildung von Nationalstaaten in Territorien, die sich einst unter der Herrschaft der Türken befunden hatten, zur Entstehung neuer autokephaler Kirchen außerhalb der Jurisdiktion Konstantinopels.

Zur Zeit existieren 15 Orthodoxe Landeskirchen, von denen jede in der Frage der internen Leitung vollkommen selbstständig und in keiner Weise Konstantinopel unterstellt ist. Diese Leitungsstruktur bringt eine ganze Reihe von Schwierigkeiten mit sich, von denen eine das Fehlen einer obersten Schiedsinstanz in jenen Fällen ist, wenn in kirchenpolitischen Fragen zwischen zwei oder mehreren Landeskirchen eine Meinungsverschiedenheit oder ein Konflikt entsteht. Es gibt in der orthodoxen Tradition keinen Mechanismus, der die Beilegung derartiger Meinungsverschiedenheiten gewährleisten würde. Daher wird in jedem einzelnen konkreten Fall eine jeweils eigene Lösung gesucht: Manchmal wird eine interorthodoxe Versammlung einberufen, deren Beschlüsse übrigens bloß konsultativen Charakter haben; in anderen Fällen suchen zwei Kirchen, zwischen denen ein Konflikt herrscht, eine Lösung auf dem Weg bilateraler Verhandlungen oder sie rufen einen Vermittler an.

Ein weiterer Nachteil, der durch das Fehlen eines einzigen administrativen Leitungssystems in den Orthodoxen Kirchen hervorgerufen wird, ist die Unmöglichkeit der Regelung der Frage der pastoralen Betreuung der sogenannten „Diaspora“. Der Kern des Problems besteht darin, dass das Patriarchat von Konstantinopel seit den Zwanzigerjahren des 20. Jahrhundert das Recht der kirchlichen Jurisdiktion über jene Länder beansprucht, die nicht zu einer orthodoxen Tradition gehören, während andere Landeskirchen ihre Diaspora in Europa, Amerika und auf anderen Kontinenten haben und auf diese zu verzichten nicht gewillt sind. Als Ergebnis davon gibt es etwa in einigen Städten Europas mehrere orthodoxe Bischöfe, von denen jeder die Gläubigen seiner Landeskirche betreut. Die Frage der pastoralen Betreuung der Diaspora kann nur durch ein Gesamtorthodoxes Konzil gelöst werden. Die Vorbereitung eines solchen Konzils erfolgte ziemlich intensiv durch drei Jahrzehnte (von den Sechzigerjahren bis zu Beginn der Neunzigerjahre des 20. Jahrhunderts), heute jedoch ist sie praktisch eingestellt – auf Grund von Meinungsverschiedenheit zwischen den Kirchen in Bezug auf die Frage, welcher der Status dieses Konzils und welche seine Tagesordnung sein soll.

In der Orthodoxen Kirche gibt es somit auf Weltebene keinen äußeren Mechanismus der Gewährleistung der „Katholizität“, es gibt keine äußere Autorität – sei es als Einzelperson oder als kollegiales Gremium – , welche die Einheit der Kirche in kirchenpolitischen Fragen garantieren würde. Das bedeutet aber nicht, dass die Katholizität in der Orthodoxen Kirche nur in der Theorie, und nicht in der Praxis besteht. Erstens drückt sich die Katholizität auf interorthodoxer Ebene praktisch darin aus, dass alle Orthodoxen Landeskirchen untereinander eine volle eucharistische Communio haben. Zweitens sorgen die Orthodoxen Kirchen für die Bewahrung der Einheit in der Glaubenslehre, wofür bei Bedarf interorthodoxe Zusammenkünfte einberufen werden. Drittens treffen sich die Vorsteher oder die offiziellen Vertreter der Kirchen von Zeit zu Zeit, um wichtige Fragen zu erörtern, oder sie tauschen Schreiben aus. So bewahrt die Orthodoxe Kirche sogar ohne ein Gesamtorthodoxes Konzil auf Weltebene ihren allumfassenden, katholischen Charakter, ungeachtet des Fehlens strikter Mechanismen zur Gewährleistung dieser Katholizität.

Überhaupt ist der Begriff Katholizität in der orthodoxen Tradition viel organischer mit der Idee der Ortskirche (Wir verwenden den Begriff „Ortskirche“, um eine terminologische Verwirrung zu vermeiden, die in diesem Kontext durch die Verwendung des Terminus „Landeskirche“ hervorgerufen wird, der in der heutigen Verwendung dieses Wortes einen anderen Sinn hat; darüber weiter unten) verbunden als mit der Idee der Universalkirche als Gemeinschaft der Ortskirchen. Ursprünglich war die Gemeinde der Jünger des Erlösers in Jerusalem die Kirche Christi: Das war jene eine, heilige, allumfassende und apostolische Kirche, welche die ganze Fülle der Kirchlichkeit und Katholizität besaß. Noch im ersten Jahrhundert entstanden christliche Gemeinden außerhalb Jerusalems, und jede Ortsgemeinde wurde nicht als Teil der Universalkirche angesehen, sondern als „katholische“ Kirche schlechthin in all ihrer Fülle. Der Garant für die Katholizität jeder Ortskirche, d.h. der Kirche eines konkreten Ortes, war die gegebene Verwirklichung der einen eucharistischen Versammlung in ihr, die vom Bischof als gewähltem Vorsteher des Volkes Gottes geleitet wurde.

Eben diese Ekklesiologie ist für die frühen Kirchenväter charakteristisch, so auch für Ignatius von Antiochien. In seinen Briefen unterstreicht Ignatius unermüdlich die Führungsrolle des Bischofs als Hauptes der eucharistischen Versammlung und bekräftigt, dass man „auf den Bischof wie auf den Herrn selbst blicken soll“ (Eph 6). Alles in der Kirche soll mit dem Wissen des Bischofs geschehen: „Ohne den Bischof soll niemand etwas tun, was einen Bezug zur Kirche hat. Nur jene Eucharistie soll als wahr gelten, die durch den Bischof oder durch den vollzogen wird, dem er diesen Auftrag gibt ... Es ist unzulässig, ohne den Bischof zu taufen und das Liebesmahl zu feiern; umgekehrt ist das Gott gefällig, was er gutheißt“ (Smyrn 8). Und weiter: „Wer den Bischof ehrt, ist von Gott geehrt; wer etwas ohne Wissen des Bischofs tut, dient dem Satan“ (Smyrn 9). Ignatius unterstreicht unablässig die Notwendigkeit der Einheit der Priester und Diakone mit ihrem Bischof: „Der Bischof hat den Vorsitz an der Stelle Gottes, die Priester stellen die Versammlung der Apostel dar, und den Diakonen ist der Dienst Jesu Christi aufgetragen“ (Magn 6); Das Presbyterium stimmt so mit dem Bischof überein wie die Saiten einer Zither“ (Eph 4). Das Volk Gottes soll nach der Lehre des Ignatius „die Diakone wie Christi Gebot achten und den Bischof wie Jesus Christus, den Sohn Gottes des Vaters, und die Presbyter als Versammlung Gottes, als Apostelkollegium“ (Tral 3). Diese Ekklesiologie veranlasst Ignatius zu folgender klassischer Formulierung: „Wo der Bischof ist, muss auch das Volk sein, ebenso wie dort, wo Christus ist, auch die katholische Kirche ist“ (Smyrn 8).

Die leitende Rolle des Bischofs ist nach der Lehre der frühen Kirchenväter dadurch begründet, dass er in der eucharistischen Versammlung den Platz Christi einnimmt. Eben dieses Verständnis erklärt das Faktum, dass der monarchische Episkopat – ein Bischof in jeder eucharistischen Gemeinde oder Kirche – in der Alten Kirche allgemein akzeptiert wurde. Obwohl der Bischof als Einzelperson das Haupt der Kirche eines bestimmten Ortes ist, leitet er die Kirche nicht als Einzelperson, sondern in Zusammenarbeit mit den Priestern und Diakonen. Der Bischof besitzt die kirchliche Gewalt oder Autorität nicht aus sich, sondern kraft des von ihm empfangenen Amtes: Er ist der Liturge in der örtlichen Kirchengemeinde, die ihm diesen Dienst anvertraut hat. Außerhalb der Kirchengemeinde verliert der Dienst des Bischofs seinen Sinn und seine Wirksamkeit.

Im Rahmen der Ortskirche ist der Primat des Bischofs bedingungslos und vorbehaltlos. Gemäß der orthodoxen Tradition, die auf dem theologischen Erbe der frühen Kirchenväter, insbesondere Cyprians von Karthago sowie auf späteren polemischen Schriften der byzantinischen Theologen beruht, ist jeder Bischof – und nicht nur der Bischof von Rom – ein Nachfolger des Apostels Petrus. Der bedeutende byzantinische Theologe des 14. Jahrhunderts (der sein Leben übrigens im Schoß der Katholischen Kirche beendet hat) Barlaam von Kalabrien schreibt: „Jeder orthodoxe Bischof ist ein Stellvertreter Christi und ein Nachfolger der Apostel; wenn daher alle Bischöfe des Universums vom rechten Glauben abfallen und nur einer die richtigen Dogmen bewahrt... wird in ihm der Glaube des göttlichen Petrus gerettet.“ Und weiter: „Die von Petrus eingesetzten Bischöfe sind nicht nur Nachfolger Petri selbst, sondern auch Nachfolger der anderen Apostel; gleichermaßen sind die durch die anderen geweihten Bischöfe Nachfolger Petri.“

Die dem Petrus gegebene Verheißung bezieht sich in dieser Sicht nicht nur auf die Römische Kirche, sondern auf jede Ortskirche, die durch einen Bischof geleitet wird: „Ihr erdreistet euch, Petrus zum Lehrer allein von Rom zu machen, – schreibt ein unbekannter Verfasser eines byzantinischen antilateinischen Traktats – wogegen die göttlichen Väter die ihm vom Erlöser gegebene Verheißung als solche erklären, die einen katholischen Sinn hat und sich auf alle bezieht, die geglaubt haben und glauben. Ihr bemüht euch, ihr eine falsche und enge Deutung zu geben, indem ihr sie auf Rom allein bezieht. Dann ist es völlig unverständlich, dass nicht nur die Kirche Roms, sondern jede Kirche den Erlöser hat und entsprechend der Verheißung ihr Fundament auf dem Felsen ruht, d.h. auf dem Bekenntnis des Petrus.“

Welche Beziehung hat die Katholizität der Ortskirche zur Katholizität der Kirche auf universaler Ebene? Erzpriester Ioann Meyendorff bestimmt diese Beziehung folgendermaßen: „Die Idee der Ortskirche (Beim Autor: Landeskirche), die durch einen Bischof geleitet wird, der gewöhnlich durch die ganze Kirche gewählt, dabei aber mit der charismatischen und apostolischen Funktion als Nachfolger Petri bekleidet wird, ist die lehrmäßige Begründung der Katholizität, wie das seit dem 3. Jahrhundert praktiziert wurde. Denn die eucharistische Ekklesiologie setzt voraus, dass jede Ortskirche – obwohl sie die Fülle der Katholizität besitzt – sich immer in Einheit und Gemeinschaft mit allen anderen Kirchen befindet, die derselben Katholizität teilhaftig sind. Die Bischöfe tragen nicht nur die moralische Verantwortung für diese Gemeinsamkeit: Sie haben teil an dem einen episkopalen Dienst.... Jeder Bischof erfüllt seinen Dienst zusammen mit anderen Bischöfen, weil er dem Dienst der anderen gleicht und weil die Kirche eine ist.“ Wie der hl. Bischof Cyprian von Karthago sagt: „Der Episkopat ist einer, und jeder der Bischöfe hat an ihm vollen Anteil.“

Alles oben über die „Ortskirche“ Gesagte bezieht sich auf jene kirchliche Einheit, die man im heutigen Sprachgebrauch gewöhnlich mit „Diözese“ bezeichnet, d.h. die Kirche eines Gebietes (Ortes, Landes, Territoriums), die durch einen Bischof geleitet wird. Im heutigen orthodoxen Sprachgebrauch wird der Begriff „Landeskirche“ für größere kirchliche Gebilde verwendet, für Gruppen von Diözesen, die in Patriarchaten, Metropolien oder Erzbistümern vereint sind. Auf dieser Ebene wird das Primatsprinzip durch kollegiale Leitungsformen abgelöst. Das bedeutet in der Praxis, dass der Vorsteher einer Landeskirche „primus inter pares“ unter den Bischöfen seiner Kirche ist: Er mischt sich nicht in die inneren Angelegenheit der Diözesen ein und besitzt keine direkte Jurisdiktion über sie, obwohl ihm einige Koordinationsfunktionen in Fragen aufgetragen sind, welche die Kompetenzen eines einzelnen Diözesanbischofs überschreiten.

Die Rechte und Pflichten des Vorstehers sind in den verschiedenen Landeskirchen unterschiedlich geregelt, in keiner einzigen Landeskirche hat der Vorsteher jedoch die höchste Gewalt: Überall und allenthalben verfügt das Konzil über die höchste Gewalt. So ist zum Beispiel in der Russischen Orthodoxen Kirche die höchste dogmatische Gewalt dem Landeskonzil zueigen, an dem neben den Bischöfen, Kleriker, Mönche und Laien teilnehmen, wogegen die höchste Form der hierarchischen Leitung das Bischofskonzil ist. Was den Patriarchen von Moskau und der ganzen Rus’ betrifft, leitet dieser in der Zeit zwischen den Konzilien die Kirche zusammen mit dem Heiligen Synod, und sein Name wird in allen Diözesen vor dem Namen des Diözesanbischofs kommemoriert. In der Orthodoxen Kirche von Griechenland fehlt ein Landeskonzil mit der Teilnahme von Laien; die höchste Gewalt obliegt dem Bischofssynod, dessen Vorsitzender der Erzbischof von Athen und ganz Griechenland ist; in den Kirchen wird beim Gottesdienst jedoch der Synod, und nicht der Erzbischof kommemoriert.

Die Vereinigung der Ortskirchen zu größeren kirchlichen Einheiten geht ins 3.-4. Jahrhundert zurück und wurde im kanonischen Recht der Orthodoxen Kirche fixiert. Der 34. Apostolische Kanon lautet: „Die Bischöfe jedes Volkes müssen den ersten unter ihnen kennen und ihn als Haupt anerkennen und nichts ohne sein Urteil machen, was ihre Gewalt übersteigt, jeder soll nur das machen, was seine Diözese und die zu ihr gehörigen Orte betrifft. Aber auch der erste soll nichts ohne das Urteil aller tun.“ Kanon 4 des I. Ökumenischen Konzils (325) schreibt vor, die Einsetzung eines Bischofs durch alle oder wenigstens durch drei Bischöfe des betroffenen Gebietes vorzunehmen; die Bestätigung der Weihe soll der Metropolit vornehmen.

Gegen das 4. Jahrhundert zeichnet sich also bereits ein System ab, bei dem jeder Bischof die Fülle der hierarchischen Gewalt innerhalb seines Kirchengebietes (Diözese) besitzt; in allem jedoch, was seine Kompetenz übersteigt, muss er sich mit den übrigen Bischöfen durch einen von ihnen – den Metropoliten – in Verbindung setzen. Seine Einsetzung geschieht durch das Bischofskonzil. Der Metropolit leitet wie die anderen Bischöfe seine Diözese, wo (und wo allein) er die Fülle der episkopalen Gewalt besitzt; gleichzeitig leitet er die anderen Bischöfe der Metropolie in allem, was ihre eigene kirchliche Gewalt überschreitet. Der Metropolit kann sich nicht in die inneren Angelegenheiten der Diözesen einmischen, aber er gewährleistet die Einheit der Diözesen untereinander und löst Streitfragen. Er löst sie übrigens nicht als Einzelperson, sondern in Übereinstimmung mit den übrigen Bischöfen. So wird in der Praxis das Prinzip der Katholizität auf der Ebene der Metropolie verwirklicht.

Zur Zeit des I. Ökumenischen Konzils existierten einige Kirchengebiete, welche die Rechte von Metropolien besaßen. Konkret erwähnt Kanon 6 dieses Konzils die Bischöfe von Alexandrien und Antiochien, die neben dem Bischof von Rom Gewalt über die Bischöfe ihrer Gebiete besitzen, und Kanon 7 überträgt auch dem Bischof von Jerusalem eine solche Gewalt. (In jener Zeit existierten auch andere Metropolien, wie zum Beispiel Ephesus, Cäsarea in Kappadokien, Herakleia, Mailand und Karthago; im Gefolge schwand jedoch ihre Bedeutung.) Nach der Ausrufung Konstantinopels als Hauptstadt des Östlichen Reiches erhielt der Bischof von Konstantinopel die Metropolitenwürde, wobei – wie schon erwähnt - für ihn auf dem IV. Ökumenischen Konzil der zweite Platz nach dem Bischof von Rom bestimmt wurde. Am Ende des ersten Jahrtausends entwickelte sich in der byzantinischen Theologie die Idee der „Pentarchie“, der zufolge die Universale Kirche durch fünf Patriarchen geleitet wird – durch die Patriarchen von Rom, Konstantinopel, Alexandrien, Antiochien und Jerusalem. Eben diese Kirchen und auch jene, die im Gefolge entstanden sind, werden in der orthodoxen Tradition gewöhnlich Landeskirchen oder „autokephale“ Kirchen genannt.

Es ist bekannt, dass schon in der Epoche der Ökumenischen Konzilien im Verständnis des Primats des Bischofs von Rom eine ernsthafte Differenz zwischen Ost und West auftrat. Im Westen verstärkte sich die Tendenz, die allmählich zur Qualifikation des Bischofs von Rom als Pontifex maximus der Universalkirche führte, der das Recht besitzt, die Beschlüsse ihrer Konzilien zu bestätigen. Im Osten betrachtete man den Papst von Rom als Vorsteher der Römischen Landeskirche und als „primus inter pares“ und erachtete es nicht als notwendig, dass die Beschlüsse der Ökumenischen Konzilien durch ihn bestätigt wurden. Über dieses Thema wurden viele Forschungsarbeiten verfasst, und wir brauchen es nicht im Detail zu behandeln. Trotzdem wäre es angebracht, wenigstens in allgemeinen Zügen jenen Rahmen zu skizzieren, in dem der Primat des Bischofs von Rom von den Orthodoxen Kirchen in dem Fall anerkannt werden könnte, wenn die Christen des Ostens und des Westens sich zu einer Kirche vereinigten.

Vor allem müsste die Anerkennung des Primats des Bischofs von Rom durch die Wiederherstellung der Einheit im Glauben, der Einheit in der dogmatischen Tradition des Alten ungeteilten Kirche bedingt sein. „Es ist nicht notwendig, den Lateinern zu widersprechen, – schrieb im 15. Jahrhundert der hl. Symeon von Thessaloniki – wenn sie sagen, der Römische Bischof sei der erste; dieser Vorrang ist für die Kirche nicht schädlich. Aber sie mögen nur zeigen, dass er dem Glauben des Petrus und der Nachfolger Petri treu ist; dann soll er alle Privilegien Petri haben, dann möge er der erste sein, das Haupt aller und der oberste Bischof... Möge er nur an der Orthodoxie von Silvester und Agatho, Leo, Liberius, Martin und Gregor festhalten, dann werden wir ihn einen apostolischen Mann und den ersten der Bischöfe nennen; dann werden wir uns ihm nicht nur wie Petrus unterordnen, sondern wie dem Erlöser selbst“ (PG 145, 120 AC). Der Weg zur Wiederherstellung der Einheit im Glauben liegt also im bilateralen Dialog zwischen den Theologen der Katholischen und Orthodoxen Kirche: Im Verlauf dieses Dialogs müssen nach der Meinung der Orthodoxen die Katholiken aufzeigen, dass ihr Glaube mit dem Glauben der Alten ungeteilten Kirche identisch ist.

Auch die Frage der Jurisdiktion des Bischofs von Rom über die Bischöfe der Orthodoxen Kirchen muss im Fall der Wiederherstellung der Einheit im Rahmen eines orthodox-katholischen Dialogs gelöst werden. Es wäre unverantwortlich, jetzt schon zu versuchen, die Resultate dieses Dialogs vorwegzunehmen. Die zitierten Worte Symeons von Thessaloniki zeugen sogar – so scheint es – von der Bereitschaft der Orthodoxen, im Falle der Wiederherstellung der Einheit im Glauben dem Bischof von Rom „untergeben“ zu sein; wahrscheinlicher jedoch ist die Vorstellung, dass die orthodoxen Patriarchen bloß bereit sein werden, einen „Ehrenvorrang“ des Bischofs von Rom zu akzeptieren, und keinen Jurisdiktionsprimat. Offensichtlich hätten die Orthodoxen keinen Einwand dagegen, dass der Bischof von Rom wie in den alten Zeiten über die Privilegien eines „primus inter pares“ verfügen und vielleicht sogar gewisse Koordinationsfunktionen im Rahmen der Universalkirche ausüben würde. Kaum jedoch wären sie zur Anerkennung des Papstes als einziges Oberhaupt der universalen Christenheit bereit, was ja der gesamten jahrhundertealten theologischen Tradition der Ostkirche widerspräche.

Total unannehmbar für das orthodoxe Bewusstsein ist das Dogma von der Unfehlbarkeit (infallibilitas) des Römischen Papstes in Fragen der Glaubenslehre, wenn er ex cathedra spricht. Dieses Dogma des I. Vatikanischen Konzils stellt nach der Meinung der Orthodoxen den Papst über die Kirche, denn es bestimmt, dass die Verfügungen des Papstes „auf Grund der ihnen eigenen Kraft und unabhängig von der Zustimmung der Kirche“ keinen Veränderungen unterliegen. In der Orthodoxen Kirche verfügt kein Bischof – einschließlich der Vorsteher der Landeskirchen – eine Unfehlbarkeit „non ex consensu Ecclesiae“: Denn die Zustimmung der Kirche ist der Garant für die Wahrheit und das Hauptinstrument der Katholizität.

Schließlich müsste man auch sagen, dass die Frage des Primats im Rahmen der Universalkirche auch innerhalb der Weltorthodoxie nicht gelöst ist, was den Fortschritt in der Erörterung dieses Themas zwischen Orthodoxen und Katholiken bedeutend erschwert. Alle Orthodoxen sind damit einverstanden, dass es in der Orthodoxen Kirche auf universaler Ebene keinen Vorsteher als Einzelperson, keinen Pontifex maximus als Einzelperson gibt. Die Orthodoxen differieren jedoch im Verständnis des Primats und der Rolle des Patriarchen von Konstantinopel. Offensichtlich muss eine seriöse und verantwortliche Erörterung des Themas des Primats auf interorthodoxer Ebene dem theologischen Dialog zu diesem Thema zwischen Orthodoxen und Katholiken vorausgehen. Andernfalls werden die Orthodoxen in diesem Dialog keinen einheitlichen Standpunkt vertreten können, was den Dialog unausweichlich in eine Sackgasse führen würde.

Wenn man das über das gegenseitige Verhältnis der Prinzipien des Primats und der Katholizität in der Orthodoxen Kirche Gesagte zusammenfasst, kann man – so scheint es – feststellen, dass das Primatsprinzip in der orthodoxen Tradition am vollständigsten auf der Ebene der einzelnen Diözese Ausdruck findet, wo die oberste Gewalt dem Bischof obliegt, der die Diözese in Übereinstimmung mit Klerus und Laien leitet. Das Prinzip der Katholizität dagegen findet auf der Ebene der Landeskirche, die durch das Bischofskonzil unter dem Vorsitz des konziliar gewählten Vorstehers geleitet wird, den vollständigsten Ausdruck. Auf gesamtorthodoxer Ebene ist das Primatsprinzip überhaupt nicht endgültig geklärt, und das Prinzip der Katholizität existiert ohne irgendwelche stabilen Mechanismen zur Umsetzung ins Leben. Bei einer so dezentralisierten Leitungsstruktur kann es einem Katholiken überhaupt als Wunder erscheinen, dass die Orthodoxe Kirche bis heute „die Einheit des Geistes durch den Frieden“ (Eph 4,3) bewahrt und nicht in eine Vielzahl von selbstständigen Kirchengebilden ohne gegenseitige Communio zerfallen ist.

In der Römisch-Katholischen Kirche findet dagegen – soweit man das beurteilen kann – das Primatsprinzip seinen vollständigsten Ausdruck im Dienst des Bischofs von Rom, dessen Jurisdiktion sich ausnahmslos auf alle Gliederungen dieser Kirche erstreckt.: Die kanonische Gewalt der übrigen Bischöfe erfließt aus der Gewalt des Römischen Pontifex als Nachfolgers Petri. Wenn in der orthodoxen Tradition das Konzil, dem alle Bischöfe ohne Ausnahme unterworfen sind, das höchste Organ der kirchlichen Gewalt und die Unfehlbarkeit der ganzen Fülle der Kirche zueigen ist, steht in der katholischen Tradition der Papst höher als das Konzil, und eben er besitzt die Unfehlbarkeit – unabhängig von den Konzilien und gleichsam sogar von der Kirche selbst. Vielen Orthodoxen erscheint das Faktum paradox und unerklärlich, dass – trotz der vollständigen Zentralisierung der Macht in der Katholischen Kirche und ihrer Konzentration in den Händen einer einzigen Person – in ihr wie früher Bischofssynoden und Konzilien eingerufen werden.

Inwieweit die beiden oben vorgestellten ekklesiologischen Modelle vereinbar sind, kann nur ein vollwertiger Dialog über den Primat zwischen Katholischer und Orthodoxer Kirche zeigen. Ein solcher Dialog erfordert jedoch eine sorgfältige Vorbereitung, die ernsthafte theologische Anstrengungen sowohl von Seiten der Katholiken als auch von Seiten der Orthodoxen voraussetzt. Gerne möchte ich die Hoffnung ausdrücken, dass solche Anstrengungen unternommen werden und der Dialog stattfinden möge.

Übersetzung aus dem Russischen: DDr. Johann Krammer



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